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jeudi 15 mai 2008

Des recettes gourmandes, des vins superbes... chaque semaine, gratuitement, dans VinoVox

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Terrine fraîcheur : le potjevleesch

Cette terrine est typique de chez moi . C'est frais et avec l'arrivée des beaux jours j'ai envie de terrines , que ce soit de poissons , viandes ou légumes . Et le plus avec les terrines : elles se préparent bien à l'avance , c'est bien pratique quand on reçoit !!!J'avais l'habitude de le manger recouvert de frites bien chaudes qui transformaient la gelée en une sauce très goûteuse . Et même que quand il en restait un peu , on ...

Soupe glacée de melon au crabe - Pain perdu avec ricotta aux framboises

Je vais enfin pouvoir souffler un peu. Mes mains sont remplies d’ampoules mais je suis satisfaite de mon travail. Mes bacs à fleurs sont installés et non sans peine. Que de monde chez mon pépiniériste préféré !J’ai bien failli en venir aux mains pour repartir avec mes géraniums. Les mauvaises herbes sont éradiquées jusqu’à la fin de la semaine, mon purin d’ortie prêt à intervenir contre les invasions de pucerons, mes petites ...

3 petites verrines sucrées , y'en aura pour tous les goûts !!!!

3 verrines dont les recettes ont été piquées à droite et à gauche : léger , rapide et en individuel ça fait toujours un bel effet .Il y avait dans l'ordre : - les crèmes de nougat sur panna cotta de fruits rouges de chez Au beurre fondu- le tiramisu revisité par Celiael : mousse de marrons sur lit de gaufres belges à la banane , surprenant et divin- la panna cotta de chez Amuses bouche : cardamone , clémentine .Je vous laisse cliquer ...

Dip à l'ail rôti - Moussse d'olives au thon - Bricks de saumon à l'aneth

Pas la moindre envie de cuisiner, juste envie de profiter du soleil et de dame nature. Un travail de titan m'attend d'ailleurs au jardin. J'ai pris un peu de retard cette année. Je ne vois jamais le temps passé en jardinant. Un excellent destressant. J'admire le paysage et écoute les oiseaux papotés. C'est fou comme ils peuvent être bavards ceux-là. Vu le temps déplorable de ces derniers mois, j'ai quelques recettes en réserve.

Mini charlotte d'été : fraises-litchies

Mais qu'ils sont mimi ces tous petits biscuits roses de Reims : bien sûr , je les ai trouvés à Paris , lors de mon escapade !!C'est bientôt l'été et cette charlotte est très fraîche : la fraise et le litchie se marient très bien .Recette : Les biscuits roses de Reims sont trempés dans du coulis de fraises maison . Tapisser un moule de papier film et placer les biscuits .La crème : comme d'hab , faire chauffer 100g de purée de ...

Retour de Bavière

Les vacances touchent à leur fin. Enfin de retour à la maison après 8 heures de route. J'ai encore la tête dans les nuages et beaucoup de mal à redescendre sur terre. La Bavière est une région magnifique avec ces forêts, lacs, sommets enneigés, ces alpages verts, les incontournables châteaux du roi Louis II, ces petites maisons traditionnelles et ces églises aux superbes fresques . A cette période de l'année, les touristes se font ...

Croquettes pimentées au thon et aux haricots blancs

C'est sur le blog de Dali que j'ai découvert cette recette. J'aime beaucoup "la cuisine de Dali", un blog plein de recettes faciles et rapides, comme celle-ci, le tout agrémenté de jolies photos. Elle présentait ces croquettes en version mini, à grignoter à l'apéro. Ici je les ai faites plus grosses et servies pour le dîner avec une salade de pommes de terre. Pour 8 croquettes: 1 boîte de 140 g de ...

Terrine aux deux poissons

Alors que le beau temps semble vouloir timidement s'installer, des envies de petites entrées fraîches commencent à se faire sentir. Un rapide inventaire du congélateur et du placard et voici une petite terrine délicieuse et vite préparée! Pour environ 4 personnes (pour un moule à cake en silicone de 16 cm): 500 g de filets de poisson blanc surgelés, préalablement décongelés (ici du colin)2 œufs1 boîte de saumon ...

Gazpacho ( olé ) aux coques , glace à l'huile d'olive

C'est une recette que j'ai trouvée dans un livre de cuisine espagnol . Pour le gazpacho je n'ai pas pris de risques et j'ai fait ma recette de toda la vida . C'était à l'occasion d'un déj entre nénettes . Après les recettes , je vous donnerai les impressions .Recette gazpacho : mixer 1 petit concombre avec 8 tomates bien mûres pas trop grosses , 1 beau poivron rouge , 1/2 oignon , 100g de mie de pain , 2 petites gousses d'ail , 1 ...

Chateaumeillant Domaine du Chaillot

Bien apprécié ce Châteaumeillant rouge 2006, 100% Gamay sur sol micaschiste planté de vignes de 7 ans, aux notes de framboise, de belle robe intense, très équilibré au nez comme en bouche. Le Châteaumeillant rosé 2006 est friand comme il le faut, parfumé, dense et rond, un vin classique, marqué par son fruit, à déguster sur des crevettes roses. On se fait aussi plaisir avec le Châteaumeillant rouge cuvée Parenthèse, pur Gamay ...

2 petites bouchées apéritives " fraîcheur "

Il me fallait du frais et du léger avant un repas entièrement ch'ti : alors des petits éclairs ( recette Lenôtre ) aux crevettes grises et des barquettes d'endives à la crème de saumon .Recette des éclairs : Faire bouillir 185g d'eau et 185g de lait , y ajouter 170g de beurre et 9g de sel . Hors du feu ajouter 210g de farine et bien remuer . Remettre sur le feu jusqu'à ce qu'une pellicule se forme dans le fond de la casserole . ...

Domaine Michel Prunier et Fille

Ce vigneron chaleureux et sa fille, Estelle, élèvent plusieurs cuvées remarquables, comme cet Auxey-Duresses Clos du Val rouge 2004, vignes de 31 ans en moyenne, sur sol calcaire et sous-sol argilo-calcaire, élevé 18 mois en fûts dont 25 % de neufs, un vin de robe rubis intense, distingué, très classique comme on les aime, de couleur pourpre, très parfumé (cassis, épices, cuir), corsé et typé, d’excellente évolution. ...

Domaine Esmonin

Toujours au sommet. On le comprend avec ce Ruchottes-Chambertin 2006, un vin gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, bien marqué par son terroir, un vin qui associe puissance et distinction, avec ces nuances de griotte confite et d’humus, de très bonne évolution. Beau Gevrey-Chambertin Clos Prieur 2005, très équilibré, très parfumé (petits fruits rouges mûrs frais, épices...), avec cette pointe de griotte ...

Domaine Marquis d'Angerville

ncontestablement à la tête des Premiers Grands Vins Classés. Pas de fioritures ni de frime ici, uniquement la quintessence d’un terroir et la passion d’un homme qui s’efface devant la force de la nature. S’associe à cette rigueur, un formidable rapport qualité-prix-typicité, qui devrait rendre plus humbles un bon nombre d’autres producteurs français. “Le 2006 va être mis en vente, nous précise Guillaume d’Angerville. ...

Tarte feuilletée au Mont d'Or... plus franc-comtoise, y a pas!

Une tarte bien hivernale pour affronter le mauvais temps qui persiste... et en plus, je profite des derniers jours de la saison du mont d'or puisque je vous le rappelle, il n'est vendu que jusqu'au 10 mai, après il faut patienter jusqu'à la mi-septembre pour le revoir sur les étals. Et si à ce délicieux fromage, on rajoute des pommes de terre et une saucisse de Morteau, le tout sur une pâte feuilletée, on obtient une succulente ...

Douceur mauve aux myrtilles et mini palets bretons

Un dessert que je me prépare presque tous les jours , je change juste les fruits en fonction du marché . Pour cette recette , j'ai trouvé des myrtilles exceptionnelles : énormes et sucrées !Pour tous les jours je me contente de la verrine mais pour les inconditionnel(les ! ) du petit biscuit avec le café , j'ai rajouté des petits sablés bretons .Recette pour la verrine : mixer des myrtilles ( ou fraises , framboises , abricots , prunes ...

Terrine fraîcheur : le potjevleesch

Cette terrine est typique de chez moi . C'est frais et avec l'arrivée des beaux jours j'ai envie de terrines , que ce soit de poissons , viandes ou légumes . Et le plus avec les terrines : elles se préparent bien à l'avance , c'est bien pratique quand on reçoit !!!J'avais l'habitude de le manger recouvert de frites bien chaudes qui transformaient la gelée en une sauce très goûteuse . Et même que quand il en restait un peu , on ...

Vins et Saveurs dans VINOVOX

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dimanche 2 mars 2008

Les Brouilly de l'année

Domaine CRÊT DES GARANCHES Sylvie Dufaitre-Genin 69460 Odenas Tél. 04 74 03 41 46 Fax. 04 74 03 51 65 e-mail : sylvie.dufaitre-genin@wanadoo.fr Une belle place dans mon Classement pour cette exploitation familiale de 9,60 ha, située au cœur du cru Brouilly. Terroir à dominante granitique, allié au cépage Gamay noir à jus blanc confèrent à ce vin sa finesse. Le Côte-de-Brouilly 2005 élevé plusieurs mois en fûts de chêne (vendange manuelle), de robe pourpre, est souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, fraise des bois, violette), légèrement épicé. Beau Brouilly 2006, de robe intense, bien parfumé (fruits frais, humus...), développe ampleur et rondeur, un vin très légèrement poivré en finale.

Jean-Paul GUIGNIER Domaine Au pied des deux Clochers Les Bruyères 69430 Régnié-Durette Tél. 04 74 69 01 99 et 06 84 79 54 61 Fax : 04 74 69 01 91 e-mail : guignier.jean-paul@wanadoo.fr Une référence avec son Brouilly Domaine de Grapaloup 2006, de bouche intense et dominé par la mûre, un vin alliant souplesse et intensité aromatique, bien harmonieux et très équilibré. Le Morgon 2005 Domaine Au pied des deux Clochers (vendanges manuelles), est un vin remarquable, de jolie robe, de charpente à la fois puissante et souple, tout en arômes (pivoine, groseille), idéal sur une pintade rôtie. Goûtez le Régnié Côte de la Pierre cuvée Vieilles Vignes 2004, issu de vignes de plus de 90 ans déjà exploitées par le grand-père de Mme Guignier, de robe pourpre, au nez puissant et persistant de framboise et de cerise noire, rond et gras, riche, aux tanins enveloppés, de bouche bien corsée.

Alain MICHAUD Alain et Dorian Michaud Beauvoir 69220 Saint-Lager Tél. 04 74 66 84 29 et 06 07 81 45 58 Fax. 04 74 66 71 91 e-mail : alain.michaud17@wanadoo.fr www.alain-michaud.fr Classé 1er Grand Vin avec ce Brouilly 2006, d’une robe rouge cerise limpide, un nez de griotte mais aussi avec des arômes de cassis et de pivoine et une bouche fraîche aux tanins biens fondus, un vin qui demande une cuisine riche. Le 2005 est un vin de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, très charmeur, de bouche charnue et persistante, d’excellente évolution. Vous aimerez tout autant leur Morgon 2006 (2,50 ha, avec des vignes anciennes de 45 ans sur les coteaux), une réussite, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes de fruits des bois, puissant et savoureux, d’excellente garde. Très joli Beaujolais rosé 2006 (2000 bouteilles seulement), gourmand et fruité, parfait sur les charcuteries lyonnaises. 

Domaine du TRACOT Henri et Jean-Paul Dubost 69430 Lantignié Tél. 04 74 04 87 51 Fax. 04 74 69 27 33 e-mail : j.p-dubost@wanadoo.fr www.domaine-dubost.com Domaine de 21,65 ha qui existe depuis 1902. Culture de la vigne raisonnée (apports de fumure organique, labourages, tris systématiques, vendanges manuelles...), et respect des terroirs granitiques qui caractérisent le goût du Gamay. Le Brouilly cuvée de Vieilles Vignes 2006, de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, de bouche charnue et persistante. Excellent Fleurie Le Vivier 2006, rond et dense, à dominante de fruits rouges et aux tanins soyeux, d’une belle structure en bouche. Le Morgon La Ballofière 2006, où dominent des notes de cassis, de griotte et d’épices, est un vin avec une structure harmonieuse, bien ferme en bouche. Visitez le musée de matériels anciens. Chambres d’hôtes.

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samedi 23 février 2008

Des initiatives heureuses à Rasteau

Chaleureux et très efficace, Jean-Jacques Dost, directeur de la Cave de Rasteau, mène depuis de nombreuses années une politique très qualitative qui a porté la Cave au sommet en France et à l’étranger. Il est donc tout naturellement (et depuis longtemps) à la tête des Premiers Grands Vins de sa région dans notre Classement. Le nouveau caveau intégré dans le vignoble au pied du village de Rasteau abrite un outil de travail moderne et qualitatif. La Cave dispose, notamment, comme les grands domaines, de cuves à pigeage de 300 hl. Depuis décembre 2007, un nouvel espace de vente, ouvert tous les jours, destiné à la clientèle particulière et les touristes qui apprécient la beauté du paysage et le charme sauvage et authentique de Rasteau. Il y a aussi des initiatives heureuses organisées pour faire découvrir les vins de Rasteau : - Dimanche 11 mai 2008, “l’Escapade des Gourmets”. Les vignerons de Rasteau et tout le village invitent les amateurs à une promenade-découverte dans leur vignoble. Au programme, 6 km de marche, verre en bandoulière, et dégustation à chaque étape de mets provençaux et des vins, au son de la musique du terroir. - “La Nuit du Vin”, mi-août, dans une ambiance de fête, spectacles de rue, stands de dégustation, repas, l’occasion de faire découvrir les spécialités de Rasteau. - “La Nuit des Treize Desserts”, une promenade nocturne dans les rues illuminées de Rasteau pour déguster à la veille de Noël les treize desserts traditionnels provençaux accompagnés des vins de Rasteau.

CAVE de RASTEAU (RASTEAU) Jean-Jacques Dost Route des Princes d'Orange 84110 Rasteau Téléphone :04 90 10 90 10 Télécopie : 04 90 46 16 65 Email : rasteau@rasteau.com Ou : www.rasteau.com

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vendredi 15 février 2008

La qualité du millésime 2007 en Bourgogne

Brigitte Dussert : vous aimez la Bourgogne, ses vignerons, cette osmose entre ces sols et un cépage unique...

Patrick Dussert-Gerber : je n’aime pas tous les vins de Bourgogne, certains sont dilués, d’autres trop barriqués à outrance pour séduire des marchands spécifiques, notamment à l’export... mais, c’est vrai, ceux que j’aime, j’y suis fidèle.

J’apprécie aussi l’intelligence quand elle est suffisamment courageuse pour rejeter un certain critique américain quand il se pointe pour donner des leçons. Peu l’ont fait, les Bourguignons, oui.

En Bourgogne, les grands vins blancs secs seront parfaitement matures, surtout avec cette équilibre qui leur manquait parfois ces dernières années. À Chablis, 2007 sera élégant, dans le style de 2004 qui est un grand millésime. C’est la même chose à Meursault, à Puligny-Montrachet ou en Corton-Charlemagne, qui gagnent en finesse et en élégance.

Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit.

Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons.

Pour les grands vins blancs, notamment ceux qui proviennent du Chardonnay, il faut bien comprendre que les temps plus frais sont toujours synonymes de grands millésimes. Ce n’est pas pour rien si c’est au-dessus de la Loire que se plaisent quelques-uns des plus grands vins blancs secs du monde.

On ne fait pas de grands vins blancs les années trop chaudes ou dans des territoires trop ensoleillés, exception faite de la Provence, où des cépages comme le Rolle ou l’Ugni blanc s’accomodent particulièrement bien à ce climat estival.

Mais, de grands vins de Chardonnay comme ceux de la Côte de Beaune, on n’en fait ni en Languedoc, ni au Chili, ni en Californie. Alea jacta est.

Brigitte Dussert : là encore, il faut des vins équilibrés, avec une bonne acidité...

Patrick Dussert-Gerber : l’acidité est un facteur qualitatif important : c’est ce qui donne la chair et la typicité de ces grands vins blancs secs, c’est ce qui fait ressortir la minéralité du terroir et leur apporte cette finesse, cette élégance, cette grande fraîcheur indispensable à leur vieillissement.

Quand on goûte un très grand Meursault de 20 ans, on est séduit par cette vivacité exceptionnelle qui le fait ressembler à un vin jeune. C’est ce qui fait la force des grands vins blancs bourguignons qu’aucun autre vin blanc sec au monde ne peut offrir. Sans acidité, il n’y a pas de potentiel de garde réel. C’est ce qui conserve la fraîcheur dans les vins, rouge ou blanc d’ailleurs, c’est ce qui leur permet de ne pas s’aplatir, de devenir “mous”.

__Brigitte Dussert : la qualité du millésime 2007, pour les rouges, est plus hétérogène ? __

Patrick Dussert-Gerber : il est franchement très difficile de généraliser la qualité du millésime 2007 pour les rouges. Succinctement, ils auront peut-être un potentiel de garde un peu inférieur à 15 ans, ce qui n’est déjà pas mal. Ce seront des vins flatteurs assez rapidement, on les appréciera jeunes. Ceux qui ont vendangé trop tôt feront incontestablement un “petit” millésime, il fallait attendre la maturité, ne pas être pris de panique. Les propriétaires que nous connaissons et soutenons ont suffisamment d’expérience et de recul, et c’était nécessaire en 2007.

Le 2007 est un millésime de vigneron et de terroir. Les millésimes 2004, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 très atypique, qui me rend dubitatif à chaque fois que j’en débouche une bouteille. Le grand 2005 suit le 2004, dans les deux couleurs, et demande de la patience. Actuellement, il y a de superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85.

jeudi 31 janvier 2008

La vérité sur la qualité du millésime 2007

Soyons clair : tout le monde se rappelle du temps exécrable de Juin à mi-aout 2007. Concernant la qualité du millésime, on pouvait s'attendre à une année très médiocre, qualitativement et quantitativement. Évidemment, quelques "devins", par mauvaise foi et/ou par ignorance, des "confrères"... se sont empressés de déniger le millésime. Pourtant, le mois de septembre a été déterminant. Voici ce qu'il faut donc retenir, succinctement, dans toute la France :

1/. Les régions qui feront un grand millésime sans problème sont la Provence, le Rhône et le Languedoc, grâce au beau temps et surtout au mistral.

2/. Les vins blancs secs, partout, ont toutes les chances d'êtres superbes, à Chablis comme à Sancerre.

3/. Les liquoreux, Sauternes en tête, mais aussi les vins de Loire, seront exceptionnels, tant les vendanges tardives l'ont effectivement été, par la force des choses.

4/. Les vins rouges des régions où la qualité globale sera la plus "délicate" sont globalement ceux de la Loire, de la Bourgogne et de Bordeaux. Là, seuls les meilleurs vignerons, dans le strict sens du terme, c'est-à-dire ceux qui surveillent la vigne de près, ont réussi des prodiges, que cela plaise ou non.

Pour Bordeaux, j'y vis, donc j'ai suivi toutes les étapes du 20 août à la fin octobre, à l'inverse de quelques idiots qui parlent d'un salon parisien ou de New-York... J'ai déjà goûté à Saint-émilion, dans les Graves... Eh bien, le 2007 sera un millésime où il y aura de tout. Pour les hommes et les femmes les plus rigoureux, ce millésime est vraiment savoureux, un vin de plaisir, un vin de vigneron, un vin de talent. Je ne résiste pas à vous passer l'interview par mon épouse, Brigitte, de mon ami Olivier Bernard, du prestigieux Domaine de Chevalier, qui sait de quoi il parle :

“C’est indéniable, c’est cette belle arrière-saison qui a fait le millésime. Tout a progressé doucement, nous donnant le temps d’attendre. Au Domaine de Chevalier, nous avons vendangé, les premiers Merlots début octobre et les derniers Cabernets-Sauvignons (superbes) le 17 octobre, ce qui est très tard. Nous avons assisté en 2007 à un cycle végétatif très long de 7 mois, du début avril à fin octobre. C’est ce long développement qui a été très positif pour le raisin. Dans les vignobles de l’hémisphère sud il fait parfois trop chaud, le cycle est très court, le raisin est rapidement “cuit ” et les baies sont souvent ramassées à des degrés trop élevés. Pour que les peaux s’affinent et que les tanins s’adoucissent, il faut un cycle long, une progression douce, constante, sans excès. Nous avons la chance, ici, d’avoir les conditions climatiques idéales pour faire de grands vins. Il faut un parfait équilibre naturel entre fraîcheur nocturne et ensoleillement le jour, brouillard le matin et sécheresse au zénith. Autant, il faut de grands années chaudes pour faire de grands rouges, autant pour les blancs, les années trop chaudes ne sont pas favorables. Le 2007 sera l’un des plus grands Domaine de Chevalier Blanc. Une très bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un équilibre magnifique qui promet de la complexité et de l’élégance, une explosion de fruits (pamplemousse, rose, citron, coing, ananas), un vin très complet, une grande expression du millésime.”

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mardi 1 janvier 2008

Chablis Guy Robin

Au sommet. Domaine de 15 ha entourant le village de Chablis. Les vignes bénéficient d’un ensoleillement tout à fait adéquat de par l’exposition sud-est et est-ouest des coteaux et de leurs pentes prononcées. Superbe Chablis Grand Cru Valmur 2003, riche en arômes comme en structure, bien caractéristique, gras et nerveux à la fois, tout en bouche, de très bonne garde. À ses côtés, on savoure (c’est le mot) ce rare Grand Cru Bougros 2004, très fin, très distingué, d’un grand classicisme, très aromatique avec des notes de fruits mûrs et de fleurs blanches, tout en amplitude. Leur Chablis Premier Cru Vaillons 2004, qui a ce nez de noisette, est un vin tout en bouche, riche en arômes comme en charpente, très classique de ce grand millésime. Superbe, ce Chablis Grand Cru Blanchot Vieilles Vignes 2005, gras, moelleux, très caractéristique de son terroir, intense au nez comme en bouche, avec des notes de grillé et de rose, nerveux et savoureux à la fois, très prometteur. À la suite, le Chablis Premier Cru Montmains Vieilles Vignes 2005, très caractéristique, intense, de garde, une valeur sûre, qui associe charnu et onctuosité en bouche, très charmeur, et ce Chablis Grand Cru Vieilles Vignes Vaudésir 2005, très typé, tout en subtilité, sec et moelleux à la fois, qui fleure les noisettes et la pêche, alliant souplesse et puissance en bouche, ample et distingué. Le rapport qualité-prix-plaisir est remarquable.

lundi 31 décembre 2007

VinoVox, le 1er magazine WebVin

Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, gratuit et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir : Vinovox

vendredi 16 novembre 2007

2005, 2004 et 2003 : le top 10 du Rhône à prix imbattables

Voici mes 10 coups de l'année, des vins bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-typicité (de 5 à 12 € environ), chaque appellation ayant sa propre hiérarchie, même si, exceptions obligent, on trouvera toujours le meilleur des CDR-Villages, par exemple, supérieur à un vin d’appellation plus réputée. Le terroir et la main de l’homme font la différence.

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BEAUMES DE VENISE

Domaine BEAUVALCINTE Sylvie et Bernard Mendez La Grange Neuve 84190 Suzette Tél. et Fax. 04 90 65 08 37 e-mail: contacts@domainebeauvalcinte.com www.domainebeauvalcinte.com Domaine de 8 ha. Coup de cœur pour leur CDR-Beaumes-de-Venise rouge cuvée les Trois Amours, riche, coloré et bouqueté, aux notes de cerise confite et d’humus, avec cette bouche chaleureuse et puissante. La cuvée Mon Trésor est très réussie également, un vin au nez de griotte et de cassis mûrs, très typé et parfumé au palais, de belle charpente, généreux, d’excellente évolution.

Château REDORTIER Étienne, Sabine et Isabelle de Menthon 84190 Beaumes-de-Venise Tél. 04 90 62 96 43 et 06 80 67 06 53 Fax. 04 90 65 03 38 e-mail : chateauredortier@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/chateauredortier À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le chaleureux Étienne de Menthon, fidèle au poste, peut être fier d’avoir su transmettre à ses deux filles sa passion du vin et le patrimoine de son cru. Superbe CDR-Beaumes-de-Venise rouge, de jolie robe intense, puissant en bouche, aux tanins fermes et bien équilibrés, aux notes de fruits rouges mûrs caractéristiques (pruneau, myrtille), un vin parfait sur un canard, de très bonne garde. Goûtez le très bon Côtes-du-Ventoux rouge 2004, alliant structure et rondeur, aux tanins riches et savoureux, un vin coloré et corsé, très abordable. Beau Gigondas rouge, dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, de belle teinte grenat, aux tanins fermes, tout en bouche, un vin racé comme on les aime. Le CDR-Villages blanc est un bel exemple de typicité et de prix sages, un vin typé, de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs et de tilleul, tout en finesse et en arômes, parfait sur un poisson au beurre blanc. Goûtez aussi leur Vin de Pays de Vaucluse, tout en souplesse, arômes, très bien vinifié, très réussi.

RASTEAU

CAVE DE RASTEAU Directeur : Jean-Jacques Dost Route des Princes-d’Orange 84110 Rasteau Tél. 04 90 10 90 10 Fax. 04 90 46 16 65 e-mail : rasteau@rasteau.com www.rasteau.com À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le sympathique et passionné Jean-Jacques Dost dirige cette belle cave (700 ha de l’appellation y sont vinifiés) qui vinifie une bonne partie de l’appellation et fut un acteur essentiel dans la naissance du VDN-Rasteau. Vous ne pourrez q’aimer comme nous ce Tradition (70% Grenache, 20% Syrah et 10% Mourvèdre, vignes de 30 ans en moyenne), un vin qui offre une belle robe rubis, une bouche complexe, où les arômes très fruités du nez sont soutenus par une structure harmonieuse et une finale longue subtilement poivrée. Le Prestige (55% Grenache, 30% Syrah et 15% Mourvèdre, vignes de 40 ans en moyenne) reflète parfaitement son terroir, au nez complexe avec des notes d’épices, de fruits noirs et de torréfaction, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes, de garde. Leur CDR cuvée Les Viguiers blanc a un nez subtil (aubépine, noisette), tout en rondeur et persistant en bouche, avec une note de fraîcheur caractéristique, que l’on vous conseille sur une blanquette de veau. Superbe VDN-Rasteau, issu à 100% de Grenache noir qui a un rendement tellement limité (30 hl/ha) qu’une souche produit une seule bouteille. La cave produit 90% des VDN-Rasteau. Ce vin, vinifié en 2 couleurs, s’exprime sous des caractères différents. Excellent en apéritif comme sur un fromage bleu, le pur Grenache, issu de vignes de 50 à 80 ans, sent le tilleul et le coing, un bien joli vin, harmonieux et persistant en finale, avec des notes de fruits secs et d’épices (muscade, curry...). Beau Rasteau VDN Signature, pur Grenache, vignes de 50 à 80 ans. Élevé en bois, aux notes de sous-bois, de poivre d’épices et de cacao, et de mûre, alliant charpente et souplesse, c’est un vin aux tanins denses, parfait avec un dessert au chocolat. Superbe CDR-Rasteau Les Hauts du Village 2000 (40% Mourvèdre, 30% Syrah et 30% Grenache), issu d’une sélection parcellaire, d’une longue macération et d’un élevage partiel en barriques, de belle charpente, alliant finesse et concentration, avec ces nuances de groseille et de réglisse bien persistantes, idéal sur un confit. Le rapport qualité-prix-plaisir est exceptionnel. Voir aussi

VINSOBRES

Domaine de DEURRE Jean-Claude Valayer et Fils RN 94 26110 Vinsobres Tél. 04 75 27 62 66 Fax. 04 75 27 67 24 Un domaine de 50 ha, planté sur un terroir argilo-calcaire avec des cailloux en surface. Remarquable CDR-Vinsobres rouge, aux arômes de violette et de réglisse, épicé, avec des tanins présents et soyeux à la fois, un vin ferme mais bien fondu, de très bonne charpente comme ce CDR rouge Rabasses. Très agréable, le CDR blanc, où s’entremêlent des notes d’amande, de fruits frais et de bruyère, de bouche harmonieuse, suave et sec à la fois.

CAIRANNE

Domaine Daniel et Denis ALARY La Font-d’Estevenas Route de Rasteau 84290 Cairanne Tél. 04 90 30 82 32 Fax. 04 90 30 74 71 e-mail : alary.denis@wanadoo.fr Un domaine familial de père en fils depuis 1692, de 25 ha, composé de terres argilo-calcaires caillouteuses. Beau CDR-Village Cairanne La Jean de Verde, bien complexe, dominé par les fruits macérés, de robe pourpre soutenu, un vin riche et bien en bouche. Goûtez leur CDR-Villages La Brunette, très réussi comme cet excellent Cairanne blanc La Font d’Estevenas, de bouche puissante, riche en bouquet, harmonieux, aux notes de fruits secs et de petites fleurs, tout en finale.

Domaine LES GRANDS BOIS Mireille et Marc Besnardeau 55, avenue Jean-Jaurès 84290 Sainte-Cécile-les-Vignes Tél. 04 90 30 81 86 Fax. 04 90 30 87 94 e-mail : mbesnardeau@grands-bois.com www.grands-bois.com Très bien classé. Leur CDR-Village cuvée Éloïse (50% Grenache, 40% Mourvèdre, 5% Syrah, 5% Carignan, récolte manuelle avec tri à la vigne) est vraiment très réussi, de bouche structurée, d’une belle harmonie, un vin aux arômes d’épices et de fruits noirs, bien équilibré et généreux. Tout en charme également, ce CDR Village blanc cuvée Les 3 Sœurs, un vin de bouche puissante, riche en bouquet, très harmonieux, aux notes de fruits secs et de petites fleurs.

VISAN

CAVE LES COTEAUX DE VISAN Christiane et Théo Théodosiou BP 22 84820 Visan Tél. 04 90 28 50 80 Fax. 04 90 28 50 81 e-mail : cave@coteaux-de-visan.fr www.coteaux-de-visan.fr A la tête des Premiers Grands Vins Classés. Ce couple passionné et dynamique dirige cette cave exemplaire (la cave a obtenu la certification de l’AFAQ pour l’assurance qualité norme Iso 9002, une consécration qui souligne la rigueur en ce qui concerne le conditionnement et la vente des vins, une garantie pour le consommateur et un passage obligé pour le marché international comme la grande distribution). Superbe CDR-Visan cuvée Odyssée (70% Grenache, 10% Mourvèdre, 10% Syrah, 10% Clairette), un vin de belle robe pourpre profond à reflets violacés. Le nez est très élégant, subtil mélange d’épices et de fruits rouges où la framboise domine, note de violette, d’une belle longueur en bouche, un vin charpenté avec des tanins présents mais fins, très équilibré, idéal sur un civet. Belle cuvée Notre Dame des Vignes, de robe pourpre, aux connotations complexes de griotte, de pruneau et de sous-bois, avec des tanins mûrs, de bouche veloutée, puissante et ample (le 2000 est superbe). La cuvée Saint-Vincent (vieilles vignes) est élevée en barriques dans la très pittoresque cave de Saint-Vincent (à visiter), un vin savoureux, intense en couleur comme en arômes, qui fleure bon les fruits mûrs et les épices, auquel il faut laisser du temps pour s’exprimer au mieux. À la suite, la cuvée Ferdinand Delaye Tradition, un vin puissant, avec une structure harmonieuse, bien ferme en bouche, à servir sur une selle d’agneau, de très bonne évolution comme cette cuvée du Marot, issue d’un terroir très caillouteux et de vieilles vignes vendangées à la main, un vin de robe grenat, aux notes discrètes de sous-bois et de mûre, alliant charpente et souplesse. Goûtez encore la cuvée Femmes, qui présente un profil double, nez flatteur, fruité mais aussi du caractère, de la matière, de la puissance et une belle longueur ainsi que de la fraîcheur en finale. Remarquable rapport qualité-prix-typicité. Voir aussi

Domaine de la GUINTRANDY Marie-Claude et Olivier Cuilleras Le Deves 84820 Visan Tél. 04 90 41 91 12 et 06 84 20 33 91 Fax. 04 90 41 97 53 Au sommet de son appellation. Une propriété familiale depuis 1850 (5e et 6e générations), sur un terrain argilo-calcaire. Beaucoup apprécié leur CDR-Visan Vieilles Vignes, qui associe couleur et matière, avec ces arômes de fruits rouges à noyau et de réglisse, finement tannique, de bouche riche, d’excellente garde. Goûtez le rouge cuvée Louise-Amélie, de robe pourpre, d’une belle harmonie, complet et puissant, d’une jolie persistance aromatique, légèrement épicé, alliant souplesse et structure.

SABLET

Domaine du PARANDOU Denis Grangeon Le Camp-Bernard 84110 Sablet Tél. 04 90 46 96 12 Fax. 04 90 46 96 13 Exploitation de 30 ha (3e génération). Le CDR-Sablet rouge (Grenache, Syrah et Cinsault, vignes de 25 ans en moyenne sur sol argilo-calcaire en terrasses, élevage en cuve béton) est très réussi, tout en bouche, avec des nuances de fumé, parfumé (cassis, griotte), aux tanins très équilibrés, à la fois puissant et souple. Goûtez le CDR-Village Sablet blanc, un vin franc, avec ces notes de fleurs et d’agrumes caractéristiques, un vin qui allie fraîcheur et souplesse.

CÔTES DU RHÔNE

Domaine MOULIN DU POURPRÉ Françoise Simon 30200 Colombier-Sabran Tél. 04 66 89 73 98 e-mail : le.moulin.du.pourpre@wanadoo.fr Un domaine qui s’étend sur 21 ha de vignes. Beau CDR rouge (50% Grenache et 50% Syrah), riche et structuré, au nez persistant où dominent des arômes subtils de cassis, de griotte et de cannelle, de très bonne garde comme le prouve ce 2001, aux notes de mûre, de musc et d’épices, corsé, intense en bouche, un vin savoureux et bien charnu. Très joli CDR blanc, issu des Bourboulenc, Ugni blanc et Grenache, avec un bel équilibre entre la fraîcheur, la rondeur et le fruité, tout en charme comme le rosé, finement poivré.

jeudi 8 novembre 2007

Champagne : la nouvelle donne

J’aime le Champagne. Mon Classement 2008 est un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs (voir la Sélection de MILLESIMES), les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.

Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc.

Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive… À quoi bon les soutenir ? Voici ce qu’il faut retenir :

Les Premiers Grands Vins Classés Il y a 22 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger, Roederer ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps (ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela), d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 e, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.

Aux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Alfred Gratien...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, Ellner, De Sousa, Veuve A. Devaux et Pierre Peters).

Trois autres sont à leurs côtés cette année : Geoffroy, Philipponnat, De Venoge. Ruinart est mis “entre parenthèses”, faute d’échantillons, et je le regrette, mais je me vois mal placer au sommet des cuvées que je n’aurais pu suivre. Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2008, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent : Krug, par exemple, atteint les sommets qualitatifs et des prix tout aussi majestueux (130 e environ pour la cuvée Réserve et 500 e pour le Clos du Mesnil) et je le mets pourtant en tête. C’est le meilleur (le rosé est formidable), selon moi, en faisant abstraction du prix, comme Petrus. De Telmont, lui, bénéficie avec la cuvée O.R. 1735 d’un rapport qualité-prix-plaisir exceptionnel (55 e). Ils sont tous les deux au sommet, et l’un comme l’autre le méritent bien sans être “comparables”. Tout aussi méritante, la savoureuse cuvée des Caudalies de De Sousa (50 e), et l’extraordinaire cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck n’est “qu’à” 70 e. Le prix intervient donc logiquement dans cette hiérarchie, et cela explique que des maisons moins connues côtoient des marques plus réputées mais que des marques très réputées sont aussi à des prix très attractifs. C’est le plaisir qui compte, la régularité et... l’accessibilité.  Car les prix, cela compte, avec leurs différences : sur Internet, on trouve (vu en juin), la très belle cuvée D de Devaux à 27,90 e qui est beaucoup plus accessible en effet que l’exquise cuvée Grand Siècle de Laurent-Perrier à 69 e. Ce sont pourtant deux grandes cuvées qui méritent d’être au sommet, procurant chacune un plaisir réel, et il y a donc bien une notion de prix qui doit entrer en compte pour “classer” l’une et l’autre. Faut-il donc payer parfois 2, 5, 10 fois plus cher ? Vous seul pouvez être juge.

Les Deuxièmes Grands Vins Classés C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite. 

Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Paul Bara, J-M. Gobillard, Robert Moncuit, Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Bonville, Coulon, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet, Sanchez Rutat..), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage.

À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Collard-Picard, Pierre Arnould, Hamm, Bonnaire, Mandois, Ralle, Drappier, Gimonnet, Lancelot-Pienne, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Jacques Busin, Legras et Haas, Bourgeois, Laurent-Gabriel, Fleury, Collard-Chardelle, Michel Lenique, Daniel Caillez, Maurice Vesselle, Bardoux, Pierre Gobillard, Waris-Hubert, Prévoteau-Perrier, Charbaut, Jean-Marc Charpentier...).

Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, Beaumont des Crayères, Clérambault, Charles Collin, Albert de Milly...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques beaucoup plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées navrantes...

À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...

Les Troisièmes Grands Vins Classés La plupart devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Le rapport qualité-prix est très abordable, avec des bouteilles qui se font parfois un malin plaisir de détrôner des marques plus connues dans les dégustations.

lundi 22 octobre 2007

Défendre nos terroirs et le talent des hommes

Cela fait 28 ans (vous lisez bien, mais c’est vrai que j’ai débuté bien jeune dans ce monde envoûtant du vin) que j’écris, goûte, écoute, apprécie tel ou tel, rigole d’un autre, oublie untel, etc…

En fait, j’ai de la mémoire. Elle me fait respecter les fidèles, sourire de quelques-uns, savoir ce que certains font de leur vin (ou y mettent), et ranger ces cases dans ma tête comme il le faut pour les réactiver.

J’ai connu, et connais, pas mal de monde : des hommes (et des femmes, bien sûr) formidables, dont la relève n’a jamais (hélas) été assurée, le saut des générations (vous savez : celle qui crée, celle qui gère, la troisième qui dilapide) étant souvent bien réel, d’autres inintéressants, d’autres encore, passionnés et passionnants, avec qui c’est toujours un plaisir de “boire un canon”, plus de 20 ans après, etc.

La puissance du Guide, de Millésimes et désormais notre présence sur Internet (*) font bien sûr des envieux, mais il semble que cela soit typiquement français. Les dés étaient pourtant bien jetés.

En fait, à la cinquantaine, le bilan et les projets sont clairs : je n’ai pas failli à mon instinct profond de défendre encore et toujours les hommes et les femmes, du plus grand au plus modeste, qui sont attachés, comme moi, comme mon équipe (ma famille, devrais-je écrire), à extraire de leur terroir une quintessence à la fois naturelle et spirituelle, loin des artifices et des modes passagères. Si j’aime le vin, j’aime aussi ceux qui l’élèvent, je pense à eux quand je débouche leur bouteille, je partage ce plaisir, et c’est ce qui compte. Les “frimeurs”, les vins marchands, les produits “putassiers”, je les combats ou j’y suis indifférent, voilà tout.

Aujourd’hui, donc, nous confortons et renforçons, comme nous l’avons toujours fait (l’audace du 1er Guide de ce genre comme celle d’avoir investi sur le net, bien avant les autres) Millésimes et le Guide (sa prochaine édition sera “dure” sur le plan éditorial, assortie d’une maquette moderne que la direction d’Albin Michel et moi-même avons approuvée avec enthousiasme), nous poursuivons notre développement dans ce média fondamental, Internet, où nos “concurrents” ne risquent pas de rattraper ce que nous avons réalisé (**). Le site de Millésimes est déjà l’un des plus importants dans son domaine, et nous allons le traduire en langue américaine, tout d’abord, puis, certainement, en langue espagnole, ce qui nous donnera une dimension mondiale, une présence sur tous les continents, et un lectorat potentiel de plusieurs centaines de millions d’internautes, ce qu’aucune édition “papier” ne peut envisager. Des faits, pas des paroles !

Et puis, cette année, je vais -enfin- prendre le temps d’écrire mes romans, en tout cas au moins un, toujours édité chez Albin Michel, confiance oblige. Des livres dont le synopsis se trame depuis longtemps. Bien sûr, il y aura, dans l’un, une part importante de ma conscience (le monde de la terre qui m’est cher devrait y avoir sa place, indirectement certes), et, dans l’autre, le script (mais je ne vous dévoilerai pas grand chose) s’oriente vers un thème qui m’est tout aussi intime, les grandes civilisations antiques, une saga, historique mais bien actuelle, où l’Orient rejoindra l’Occident. En fait, l’année 2007, devra donc m’occuper à temps plein.

En parallèle, profitons de ce nectar que sait être le vin, où, comme en littérature, l’esprit rejoint la matière… Il y a un millier de vignerons exceptionnels dans ce numéro, à qui nous sommes fidèles, et qui nous le rendent bien, et cela vaut tous les écrits du monde.

Acheter Millésimes en direct

jeudi 18 octobre 2007

20 sur 20 ? mon nouveau blog perso qui note mes coups de cœur...

Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tous les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les voitures à Paris, les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), Ségolène Royal, BHL, Clearstream, la TVA des restaurateurs, les ministres, l'iPhone, Vuitton, les Echecs, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé, Bayrou ou Jospin), Ibiza, de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Cervantes, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Parker, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Vargas Llosa, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, le Champagne, l'astronomie, les grèves, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?

mercredi 17 octobre 2007

L'élaboration des rosés

Si l’on trouve encore (hélas !) des vins rosés fabriqués en mélangeant du rouge et du blanc, un vrai rosé est tout simplement un vin rouge auquel on n’a pas laissé le temps de prendre sa couleur. Les rosés de pressurage Ils sont issus d’une vinification en blanc de raisins noirs, foulés, égouttés et pressurés. Le pressurage est incorporé au vin de goutte pour lui donner de la couleur. Leur élaboration s’apparente plus à celle des vins blancs (voir plus loin). Les rosés de saignée Les meilleurs, à mon sens, en tout cas ceux qui ont le plus de saveur et de finesse. Ce sont des vins issus d’une séparation du moût d’une vendange de vin rouge, égrappée (ou non) et foulée, après seulement quelques heures de macération. La cuve est alors “saignée”, c’est-à-dire qu’on en écoule une partie, le reste poursuivant sa vinification en rouge. Le jus écoulé poursuivra sa fermentation hors du contact des peaux, pour ne pas prendre de couleur, et fera sa fermentation malolactique.

Voir aussi l'élaboration des autres vins

samedi 13 octobre 2007

La sélection hebdomadaire des meilleurs vins

Chaque semaine, suivez la sélection des meilleurs vins.

Voir

Et aussi

La France a du talent

Pour Patrick Dussert-Gerber, depuis 28 ans, le vin est une entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, le ciel et la terre, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, la poésie et le savoir, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)… Il faut respecter à la fois une culture et une éthique. Il faut rester humble devant les dégustations, sincère face à ses convictions, défendre tous ceux qui s’attachent à élever un vin digne de ce nom avec passion et convivialité. Dans cette optique, il y a peu de place pour la frime ou l’arrogance. Le vin, c’est donc le reflet d’un état d’esprit, et d’une éthique, technique et morale. Le reste, l’osmose inverse à outrance, les concentrateurs, le surboisage… c’est du dopage, et du blabla.

Brigitte Dussert : vous aimez beaucoup l’Alsace et ses vignerons. Les vins ont-ils évolué ?

Patrick Dussert-Gerber : l’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin…) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr…

Lire le point sur les autres régions

Voir le Site

jeudi 4 octobre 2007

Coup de cœur pour le Domaine de Belleville

Christian Belleville est entreprenant, sympathique et passionné. Il élève plusieurs beaux vins dont ce Rully Les Chauchoux Monopole rouge 2005, bien savoureux, un vin de jolie robe grenat soutenu, au nez intense et subtil à la fois (groseille, cerise, humus), typé, aux tanins soyeux et riches, particulièrement réussi. Le Mercurey rouge Premier Cru Clos l’Evêque 2004, riche et bien parfumé, charnu et souple, aux arômes subtils où dominent les fruits mûrs et la violette, tout en structure, très typé, alliant finesse et charpente en bouche. Le Rully Premier Cru blanc Les Cloux 2004, riche en bouche comme en arômes, de robe doré brillant, très finement épicé, est subtil et suave comme ce Premier Cru Rabourcé 2004, élégant, persistant. Son Rully blanc La Perche 2004, au nez à dominante d’acacia, de bouche fraîche et souple à la fois, persistant au palais comme son Rully Premier Cru La Fosse blanc 2004, de jolie robe dorée, de bouche parfumée et persistante, avec ces notes de fruits secs, d’une très jolie finale.?Remarquable Rully Premier Cru La Pucelle blanc 2004, très bien équilibré en acidité, aux arômes de fleur d’acacia et de tilleul, bien typé, de bouche et subtile. Joli Bouzeron Blanc 2005, très réussi comme ce Mercurey rouge 2005, aux tanins fondus, avec des arômes de framboise et de mûre, tout en rondeur. Christian Belleville est également propriétaire de restaurants permettant de profiter de la cuisine régionale et de l’associer aux vins. Les prix sont très sages.

Voir le Reportage

Voir le Classement Rouges

Voir le Classement Blancs

samedi 29 septembre 2007

Unique, forcément unique, le Champagne

Mon Classement 2008 est un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.

Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc.

Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive… À quoi bon les soutenir ?

Voir :

jeudi 27 septembre 2007

Beaujolais : coups de cœur assurés

La force du terroir et la structure des vins de Chénas, de Juliénas, de Régnié, de Morgon ou de Moulin-à-Vent, l’élégance d’un Saint-Amour, d’un Brouilly ou d'un Chiroubles, la vivacité d’un Beaujolais, le plaisir et la gaiété des “primeurs”... tout concourt à prendre au sérieux les meilleurs vins de la région, au grand dam de ceux, par ignorance, se plaisent toujours à critiquer et à mésestimer les efforts des vignerons de la région, dont les vins sont à leur image, où la convivialité est de mise, et le niveau qualitatif incontestable.

Voici nos coups de cœur de l'année.

dimanche 23 septembre 2007

Acheter Millésimes en direct

http://www.guidedesvins.com/acheter.php

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samedi 22 septembre 2007

Les Vins du Siècle

Notre site Les vins du Siècle : http://www.vinsdusiecle.com/, qui existe aussi en américain : Top French Wines (http://www.topfrenchwine.com/) va se développer cette année.

Appellation par appellation, une sélection des meilleurs propriétaires de France pour la typicité des vins, leur rapport qualité-prix-plaisir, l'expression de leur terroir et leur passion de vignerons. Une présentation attractive de leur propriété, de la qualité des millésimes, de leurs prix... et surtout la possibilité d'entrer directement en contact avec eux.

jeudi 13 septembre 2007

Charles Audoin, une vraie référence

Voir le Classement : http://www.guidedesvins.com/bourgogne_rouges.php

Toujours au sommet de son appellation. Un domaine de 14 ha où Charles Audoin, assisté de son épouse, Françoise, œnologue de formation, et de leur fils Cyril, est un adepte de la vinification traditionnelle : ici, pas d’extraction intensive, et on préfère modérer le rendement de la vigne afin de bénéficier d’une concentration naturelle. Très beau Marsannay Clos du Roy rouge 2004, aux tanins soyeux et riches à la fois, un vin qui sent bon les fruits rouges et l’humus, classique, qu’il faut savoir attendre pour profiter de son potentiel. Le 2003, riche au nez, avec ces connotations subtiles de cerise, d’humus, associe puissance et distinction en bouche, charnu, bien élevé, aux tanins bien présents et savoureux à la fois. Le 2002 est intense au nez comme en bouche, riche en couleur comme en arômes (fruits à noyau, réglisse), et commence à s’ouvrir. Beau Marsannay Les Favières 2003, tout en bouche, bien parfumé (griotte, cannelle), aux tanins très équilibrés, à la fois puissant et souple, d’une belle finale, d’excellente garde. À leurs côtés, le Marsannay Les Longerois 2003, aux notes classiques de cassis et de sous-bois, aux tanins bien présents, ferme et dense, de bonne bouche. Très séduisant Marsannay blanc Au Champs Salomon 2004, au bouquet délicat, très parfumé, aux arômes de fleur d’acacia, légèrement épicé comme il se doit, associant finesse et rondeur au nez comme en bouche. Excellent Marsannay rosé, le tout bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix.

Si le Domaine Charles AUDOIN connaît aujourd’hui une notoriété incontestable, il le doit à l’obstination de la famille AUDOIN à produire des vins de caractères authentiques, très représentatifs de leurs beaux terroirs bourguignons, avec une régularité qualitative qui a été largement soulignée dans le Guide et Millésimes depuis de nombreuses années. Au Domaine Charles AUDOIN, le Pinot Noir est traité avec respect et peut donner naissance à des vins d’une grande élégance. La recherche de l’expression typique de chaque terroir a conduit Cyril AUDOIN à poursuivre la vinification de petites cuvées, comme sur les lieux-dits Le Clos de Jeu ou La Charme aux Prêtres qui bénéficient chacun d’une très belle exposition en milieu de coteau en appellation Marsannay. Chaque vin affirme sa personnalité par des arômes de fruits frais, ou par une charpente plus robuste, mais toujours avec élégance et beaucoup de finesse. Une seule philosophie : préserver la typicité des terroirs et la particularité de chaque millésime. Le Domaine s’étend aujourd’hui sur 14 ha, offrant une diversité de 14 appellations de Marsannay, Porte-d’Or de la Côte-de-Nuits, à Pommard, en Côte-de-Beaune. À découvrir notamment : Bourgogne, Marsannay Blanc, Marsannay Rosé, Marsannay Les Favières, Les Longeroies, Clos de Jeu, Clos du Roy, Gevrey-Chambertin, Pommard...

mardi 11 septembre 2007

La Cave de Gigondas, classée 1er Grand Vin

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Classement : http://www.guidedesvins.com/vallee-du-rhone.php

À la tête des Premiers Grands Vins Classés.?Le sympathique président, Émile-Bernard Souchière, sait nous faire partager son enthousiasme : “Riches de nos 80 viticulteurs, nous précise-t-il, dont les propriétés sont équitablement réparties dans l’ensemble du vignoble (180 ha sur 1 250 au total), ces gens de la cave ont le formidable privilège de pouvoir et de savoir, par leurs assemblages subtils, marier harmonieusement les 7 terroirs (7, chiffremagique !) qui constituent cette fameuse appellation de niche qu’est le cru de Gigondas.” Superbe Gigondas Syterres de Bois-Neuf 2003, habilement nommé en allusion au terroir (“si terre”) comme à celui de l’île Cythère mythique, un grand vin concentré et très riche, de couleur grenat soutenu et intense, au nez de fruits surmûris, de truffe et de poivre, de garde. Remarquable Gigondas Primitif 2001, un Gigondas aux 7 terroirs, vendangé à la main, de longue cuvaison, rendu limpide par simples soutirages, à l’exclusion d’autres procédés de clarification, et mis en bouteille après, au moins, 18 mois d’élevage “hors bois”. Le vin est concentré, de couleur pourpre intense, aux tanins riches et savoureux, très parfumé (mûre, épices...), de garde comme Le Brut du Foudre, présenté dans une très belle bouteille sommelière lourde, luxueusement habillée. “Cette cuvée, poursuit Émile-Bernard Souchière, s’adresse aux amateurs des pratiques ancestrales d’élevage et de mise en bouteilles des vins de garde. Après avoir vieilli 15 mois en foudres de chêne vieux, ce vin n’est ni filtré ni collé avant le tirage. Cette façon de faire des anciens préserve autant qu’il est possible les tanins et la couleur, respectant ainsi l’authenticité du vin.” On continue avec cette Belle cuvée Signature 2001, issue d’une vendange manuelle, de bouche puissante où se retrouvent les fruits noirs, chaleureuse, riche en couleur comme en matière. Le Signature rosé 2005 est toujours l’un des meilleurs de la région, de bouche soyeuse, un vin ample, gras et vif à la fois, parfait sur des gambas grillées.?Et puis, il y a ce Gigondas l’Intense rouge 2000, de robe pourpre, un vin volumineux, au nez dense avec des notes de violette, de réglisse et de pruneau, classique et concentré, alliant finesse et structure, de garde.

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vendredi 7 septembre 2007

La France a du talent

Pour Patrick Dussert-Gerber, depuis 28 ans, le vin est une entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, le ciel et la terre, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, la poésie et le savoir, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)... Il faut respecter à la fois une culture et une éthique. Il faut rester humble devant les dégustations, sincère face à ses convictions, défendre tous ceux qui s’attachent à élever un vin digne de ce nom avec passion et convivialité. Dans cette optique, il y a peu de place pour la frime ou l’arrogance. Le vin, c’est donc le reflet d’un état d’esprit, et d’une éthique, technique et morale. Le reste, l’osmose inverse à outrance, les concentrateurs, le surboisage… c’est du dopage, et du blabla.

Brigitte Dussert : vous aimez beaucoup l’Alsace et ses vignerons. Les vins ont-ils évolué ?

Patrick Dussert-Gerber : l’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin...) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr...

Et puis, comment résister à ces gouffres d’arômes que sont les Sélections de Grains Nobles et les Vendanges Tardives (issues particulièrement des Gewurztraminer Pinot Gris) ?

Brigitte Dussert : le Beaujolais est-il reconnu comme il le devrait ?

Patrick Dussert-Gerber : paradoxalement, alors qu’un bon nombre critiquent cette région, c’est aussi celle qui fait beaucoup d’envieux avec cette extraordinaire réussite du Primeur, du vin nouveau, que, ni la Touraine, ni Gaillac ou les Côtes-du-Rhône n’ont pu contrarier. En Beaujolais, on parlait de crise mais ceux avec lesquels nous travaillons dans Millésimes ou qui nous envoient des échantillons pour le Guide s’en sortent bien, leurs prix sont très abordables, n’augmentent pas et cela prouve qu’ils conservent leur clientèle. C’est ce qui compte par dessus tout. Il me semble qu’enfin, en France, on a compris aussi que les Beaujolais pouvaient être des vins très charmeurs, très agréables mais aussi très typés et divers, des vins qui méritent d’être pris au sérieux, et pas uniquement des Primeurs à boire frais et jeunes. Là encore, il y a des incontournables : Franck et Georges Dubœuf, jalousés mais exemplaires, et un bon nombre de fidèles dont les vins, dans des appellations de Crus comme Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon ou Brouilly créeraient bien des surprises dans des dégustations “à l’aveugle”. On peut citer facilement Chavagnat, Mortet, Siffert, Miolane, Brisson, Chignard, Champagnon, Boisfranc, Lacarelle, Baronnat, Combe aux Loups, Clos du Fief, Pérelles, Py de Bulliat...

Brigitte Dussert : les vins de Loire semblent poursuivre leur chemin, naturellement, sans péripéties ? Patrick Dussert-Gerber : le vignoble de la Loire est très disparate car il est très étendu. Je connais bien, j’ai débuté ici. Pour les vins blancs, on retrouve les incidences de ces étés très caniculaires qui assouplissent les vins. Cela se ressent beaucoup moins à Sancerre, à Pouilly ou en Anjou, car le Sauvignon notamment sait conserver cettre fraîcheur qui fait sa spécificité. Un plaisir de dégustation que l’on ne retrouve jamais dans les vins étrangers souvent trop ronds et pas du tout rafraîchissants. Il y a bien sûr des différences qualitatives entre les différents vignobles. A Pouilly ou à Sancerre, ce sont des vignobles très intéressants mais qui doivent faire attention à ne pas galvauder leur notoriété, en produisant trop. Certains vins sont parfois surcôtés et il ne faudrait pas que la clientèle se demande, à un certain moment, si elle ne paye pas trop cher des vins qui ne le méritent pas. Je recherche toujours des bons rapports qualité-prix et vous trouverez les meilleures adresses dans les lignes qui suivent. Pour vous mettre en bouche, dans le Pays Nivernais, par exemple, on ne se trompe pas en poussant la porte de Thierry Redde, d’Henry Natter, des Pabiot, d’Alphonse Mellot, de Nicolas Brock, de Balland, Chevreau ou Pascal Gitton.

Toujours en blancs secs, quelques producteurs de Muscadet sortent toujours du lot, se refusant à trop arrondir leurs vins, respectant ainsi leur particularité (Dabin, Chéreau, Morilleau...), et un bon nombre d’autres élèvent de grands vins de Chenin ou de Sauvignon, aux environs de Tours, de Saumur et d’Angers (Brézé, Louet-Arcourt, Éternes, Chaise...). Ne pas oublier les Crémants et Saumur ou Vouvray, dont la locomotive incontournable est Patrice Monmousseau (Bouvet), suivi de quelques autres (Beauregard, Valmer...).

Dans le reste des appellations, par exemple, en Saumur-Champigny, Chinon... les vins restent à des prix très accessibles, ce sont des vins servis dans les restaurants grâce à leurs prix très attirants, leur qualité est certaine, les vignerons ont toujours fait des efforts, et ne sont pas rentrés dans l’engrenage de la surmaturation ou d’une surconcentration en barriques, restant fidèles à la typicité de leurs sols où se plaît parfaitement le Cabernet franc, et je les soutiens. Il suffit de citer Filliatreau, Pisani-Ferry, Buisse, Couly, Raffault, Jamet, Chaintres, Guilloterie... pour avoir des vins remarquables. Idem en Touraine (Marionnet, Mandard...), ou en Anjou-Saumur (Aupy, Paleine...).

L’autre grande force de la Loire (côté ouest), ce sont des moelleux et liquoreux de haute volée, qui, comme ceux d’Alsace, dament le pion aux “historiques” liquoreux bordelais qui ont eu tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Vouvray, Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux, Coteaux-du-Layon, autant de viviers pour exciter ses papilles avec des vins chaleureux, d’une très grande expression aromatique, de lente évolution, à des prix partticulièrement sages chez Chéné, au Clos de l’Epinay, à La Varière, L’Été, Aubert, Fardeau, Godineau...

Brigitte Dussert : la Bourgogne est toujours inattaquable pour ses vins blancs. On entend (et on lit) beaucoup moins d’amabilités sur les rouges. Qu’en-est-il ? Patrick Dussert-Gerber : la Bourgogne est un cas à part car c’est un “petit” vignoble en France. Certes, la Bourgogne du sud dans le Mâconnais est une région assez grande mais quand on parle de la Bourgogne on fait plutôt référence à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Si l’on s’en tient donc à ces deux entités, je trouve que depuis 7 ou 8 ans les vins sont exceptionnels, que ce soit en blanc comme en rouge. On déguste des vins qui conservent cette puissance de rondeur, de souplesse et de suavité mais aussi cet équilibre avec l’acidité qui en fait des vins de longue garde. Globalement les Bourguignons n’ont pas changé leur façon de faire le vin. Ils ont, bien sûr, évolué et se servent des techniques modernes, et c’est bien normal, mais les grands vins de Bourgogne sont quand même les mêmes que ceux que l’on goûtait il y a quelques années. Ils ont eu raison de ne pas se laisser tenter par les “sirènes” ou “confrères” qui leur demandaient de faire des vins avec plus de couleur, toujours plus concentrés... et on se rend compte que les clients acquiescent cette politique car les vins sont pré-vendus.

En blanc, c’est sûr, il n’y a aucune concurrence. Si besoin est, débouchez les flacons d’Ampeau, Antonin Guyon, Clos des Perrières, Prieur-Brunet, Carillon, Doudet-Naudin, Jaffelin, Darviot, Marey, Blondeau-Danne, Dubreuil-Fontaine, la majorité (vous lisez bien) à des prix particulièrement justifiés ou abordables. Idem à Chablis, avec des Grands et Premiers Crus très racés que l’on savoure chez Tremblay, Robin, Moreau, Geoffroy ou Laroche, toujours incontournables. Plus au sud, il y a la famille Vincent, à Fuissé ou Protheau à Mercurey, qui valent le détour. Beaucoup d’autres suivent, et sont retenus régulièrement dans mon Guide et Millésimes.

En rouge, certains pensent, en effet (et proclament, mais il faut pardonner l’ignorance), que les vins de Bourgogne ne font pas partie des plus grands vins du monde, ne parlant que de Bordeaux. Je suis intimement convaincu du contraire, quand on goûte des vins assez vieux (1976, 1989, 1996, 1997...) mais aussi les derniers millésimes, les vins sont très équilibrés, toujours assez légers en couleur mais c’est normal avec le Pinot noir. On ne plante pas du Grenache ou de la Syrah ici, et la couleur n’a rien à voir avec la qualité du vin, et encore moins avec son potentiel d’évolution. Franchement, n’y-a-t-il pas de quoi être heureux, dans toute la gamme, à tous les prix, avec les vins de Lamarche, Thomas-Moillard, Trapet, Rebourseau, d’Angerville, Clos des Lambrays, Esmonin, Monts-Luisants, Leclerc, Audoin, Prunier, Patriarche, Gerbet, Joliot... On se rend compte également que ceux qui commencent à boiser trop leur vin ne font que le dessécher, mais les cas sont minimes et proviennent surtout de quelques négociants beaunois, attirés par de bonnes notes de critiques, pour pouvoir exporter, comme les mouches par le miel.

Brigitte Dussert : vous aimez également beaucoup les blancs comme les rouges de la Vallée du Rhône... Patrick Dussert-Gerber : c’est un grand vignoble, très étendu, et les vins sont très disparates. En crus comme à Châteauneuf-du-Pape par exemple, tout va bien, les vins sont cohérents quant au rapport qualité-prix qui est en accord avec la typicité et le potentiel d’évolution. Montredon, Quiot, Fortia, Mathieu... font des vins chaleureux, et, somme toute, très abordables quand on parvient à un tel niveau de qualité. Même si j’ai goûté ici de très bons vins depuis le premier Guide, les efforts se sont poursuivis également dans les appellations alentour, comme Gigondas, par exemple, où l’on se fait plaisir avec des vins à 10, 15 €, à Rasteau et à Visan, on trouve des vins formidables à des prix moindres. Vous remarquerez que ces appellations ont souvent pour fer de lance leur caves, ce qui en fait un bel exemple de solidarité qualitative et d’une motivation de toute la production. Le Nord, avec Condrieu, Cornas, Saint-Joseph ou Côte-Rôtie, est également un vivier de beaux vins, bien que certains se soient orientés vers quelques cuvées trop puissantes ou trop marquées par le bois neuf, course à l’export oblige, encore hélas.

Brigitte Dussert : et la Provence ? On voit une remontée forte du rosé.

Patrick Dussert-Gerber : ici, les vignerons ont la chance d’avoir un climat exceptionnel grâce au mistral. Ce qui a le plus évolué, c’est que l’on assiste à une belle remontée de la qualité du rosé. De gros efforts qualitatifs ont été fournis, et les rosés de Provence des propriétaires que nous connaissons (je ne parle pas de la “grande cavalerie”, toujours existante) sont redevenus des vins tout à fait intéressants avec une typicité en fonction de leurs cépages, de leurs appellations, et il y a une belle reprise de confiance des amateurs. Et là, en plus, il n’y a aucune concurrence au niveau mondial, car il n’y a rien de similaire ailleurs. L’appellation des Coteaux d’Aix en Provence va dans ce sens et l’on ne peut que l’encourager.

C’est donc un bon créneau, s’il tire vers le haut, mais qui ne doit surtout pas masquer pour autant les vins exceptionnels que l’on trouve (plus rarement) en rouge et en blanc. Passez à Bormes-les-Mimosas (Malherbe), à Taradeau (Rasque), à Bandol évidemment (Bronzo, Bunan, Olivette, Lafran-Veyrolles, Suffrene...), revenez en Côtes-de-Provence (Brégançon, Élie Sumeire, Jas d’Esclans, Sauveuse...) et vous aurez de quoi faire avec des vins complexes et charnus en rouges, suaves et vifs en blancs, qui demandent tous une cuisine raffinée et riche. Tous les vins de mes Classements sont à un beau niveau.

Brigitte Dussert : le Languedoc, c’est toujours l’avenir ?

Patrick Dussert-Gerber : en Languedoc, on se cherche, et depuis bien longtemps. Faut-il faire du vin de table, du vin de qualité, planter, arracher, créer des micro vins, faire des vins de cépages, vendre de la marque Merlot ou Chardonnay (qui n’a pas grand chose à faire dans le coin) selon la cible potentielle, faire des produits pour les jeunes, pour les femmes, pour le 3e âge... La politique, les pouvoirs publics se mêlent et s’emmêlent depuis quarante ans, sans trouver de solution. Ici, il y a également une crise sociale injustifiée à résoudre (comme à Bordeaux, on le verra plus loin) et il n’est pas excusable que le travail de centaines de producteurs ne soit pas rémunéré décemment. Ce n’est pas normal, et encore moins de dire que c’est de la faute des vins du “nouveau monde”. Je ne soutiens pas non plus les regroupements massifs tentés ici ou là, à Bordeaux comme à Narbonne, qui vont sûrement profiter aux “gros” distributeurs, même si, et j’en suis conscient, on a également besoin des meilleurs d’entre eux pour écouler la production. Mais on peut vendre sans perdre son identité d’appellations ou de territoires. La nouvelle mention “Sud de France”, par exemple, si elle apporte peut-être un éclaircissement sur l’ensemble de la région, va à l’encontre de ce que je crois : développer les niches plutôt que d’amalgamer les appellations, en perdant ainsi le peu de lisibillité que l’on a, en gommant encore plus l’identité... Le Languedoc, ce Sud de la France, ce n’est quand même pas une marque de négociant !

Sur un autre plan, je ne suis pas certain que l’on ait découvert l’eldorado, même si l’arrivée massive d’investisseurs et de bordelais a permis d’acheter des terres à bon prix et d’avoir quelques coupures de presse. De nombreuses cuvées spéciales sont trop “spéciales” justement, et cela engendre une dénaturation des vins, on goûte beaucoup de vins assez écoeurants, surboisés avec des micro-cuvées trop chères. Ce problème s’étend aux vins de cépages. Ne fait pas Daumas-Gassac qui veut.

Il n’y a donc pas de mystères dans la région, et les territoires sont connus. Les meilleurs producteurs élèvent des vins racés et typés, qui ont su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Vous les trouverez en Corbières (Grand-Caumont, Vaugelas, Simone Martinolle, Étang des Colombes...), en Minervois (Fabas, Blomac, Villerambert-Moureau, Barroubio...), en Coteaux du Languedoc (Cave de Roquebrun, Mire-l’Étang, Saint-Martin des Champs...) et en (rares) vins de pays.

Brigitte Dussert : en Sud-Ouest, calme plat ?

Patrick Dussert-Gerber : j’aime bien ces vins. Ils sont bons, abordables (pas tous, il y a des cuvées à prix vraiment déments, je les oublie dans mes écrits). Par contre, on sent une sorte d’inertie parmi les viticulteurs ou la profession, on ne sait pas si c’est passager mais on n’entend pas beaucoup parler de Fronton, de Cahors, de Bergerac, de Gaillac, de Jurançon ou de Madiran, qui manquent de visibilité. On voit de temps en temps de grandes affiches dans les rues des vins de Bergerac, un dossier de presse sur Gaillac, un autre sur le Cahors “primeur”...

Là encore, on s’est “regroupé”, soi-disant pour avoir les moyens de sa promotion. On attend de voir, et chaque syndicat fait ce qu’il veut. Ce qui compte, c’est de frapper à la bonne porte, ceux que nous soutenons depuis longtemps sont toujours à la tête de leur appellation, ont confiance dans leur gamme, et nos Classements sont assez parlants.

Brigitte Dussert : en Champagne, tout va très bien ? Patrick Dussert-Gerber : c’est la région qui a le mieux travaillé depuis 20 ans, les grandes maisons certes, mais ce sont surtout les producteurs qui ont le plus développé la qualité et leur image. Il existe une vraie entente cohérente entre grande maisons et viticulteurs, même s’il y a des jalousies, ils savent se respecter, négocient, régulent le marché... Le résultat est probant, la Champagne est la seule appellation mondiale sans concurrence qui est en croissance extrêmement forte, qu’elle va poursuivre. Aucun Cava, ni mousseux, français ou étranger ne peut lutter qualitativement et en terme d’image avec le Champagne. Ici, il y a également une notion de Cru, de terroir, ce qui n’existait pas auparavant, car on parlait plus de l’assemblage, qui demeure bien sûr un paramètre important. Le Champagne a démontré que ce n’est pas uniquement un verre rempli de bulles mais qu’il y a une vraie typicité, une différence entre un Chardonnay planté au Mesnil-sur-Oger et un autre à Bouzy. C’est une force formidable que la Champagne ait compris que l’impact de son sol était à mettre en avant, qu’il ne s’agissait plus uniquement de vendre un vin de fête mais aussi un vin de table. Nous, cela fait des années, que nous le savions, nous avons suivi et soutenu l’évolution des vignerons champenois bien avant que leurs ventes ne se soient autant développées. Je me souviens que, beaucoup de professionnels, s’étonnaient, à l’époque, lorsque, dans mes classements, je plaçais en premier, parfois à côté de grandes maisons historiques, des vignerons totalement inconnus qui sont maintenant respectés dans le monde entier. Tout a changé ici. En gros, il reste une poignée de maisons familiales et exceptionnelles (Roederer, Pol Roger, Taittinger, Gosset, Thiénot...), d’autres, tout aussi respectables, intégrées dans des groupes (Philipponnat, Piper et Charles Heidsieck, Krug, Ruinart, Laurent-Perrier...), des coopératives de premier plan (Devaux, Vincent d’Astrée, Collin, De Castelnau...) et il y a une véritable explosion qualitative de la propriété (De Sousa, Peters, Ellner, De Telmont, Mignon, Bara, Geoffroy... et beaucoup d’autres). Je vous renvoie à notre article et au Classement.

Brigitte Dussert : et, à Bordeaux, ce grand vignoble qui vous tient à cœur. Patrick Dussert-Gerber : à Bordeaux, il faut faire des distinctions. Il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais très chers. Il est difficile d’en parler comme d’autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la rareté comptent beaucoup.

Il y a ensuite la masse des grands crus classés, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France. Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ? Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Lynch-Bages, Brane-Cantenac, Rauzan-Segla, Rauzan-Gassies, Desmirail...).

Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, de Petrus (voir page 112) à de nombreaux autres crus d’une typicité exceptionnelle, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard...).

En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.

À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction. J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps. Jean-Claude Berrouet (confer page 8) est dans la lignée. Il signe quelques-uns des plus grands vins du monde et sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.

Le marché intermédiaire (8 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes... On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde.

Les 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, un peu à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine, des vins très prometteurs. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir. La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.

Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.

Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes. Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région. En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir !

Brigitte Dussert : le respect de la nature, la convivialité, la diversité... Patrick Dussert-Gerber : pour faire un bon vin, il faut rester humble. C’est la nature qui a modelé des territoires, formé des strates, créé l’érosion, apporté des alluvions... Cette nature, il faut l’entretenir, la respecter, la mettre en valeur au travers d’une écologie évidente. L’homme n’intervient qu’après. Il a le choix : soit il se prend (très) au sérieux, plante n’importe où, mise sur les sophistications œnologiques, multipliant les “jus de confiture”, bref, fait un “produit”, blanc, rouge, mousseux ou rosé, et parfois à un prix inadmissible. Soit, le vigneron fait partie intégrante de son terroir, s’efface devant lui en le laissant s’exprimer, maîtrisant les techniques modernes qui sont alors les bienvenues quand elles ne viennent pas “aseptiser” les vins.

Il faut aussi avoir une éthique. On ne peut pas accepter l’arrogance de quelques propriétaires (vous n’en trouverez pas beaucoup dans MILLÉSIMES) face à la crise sociale que connaît encore le monde du vin en France. Chacun doit être rémunéré et la solidarité doit primer. Le prix n’entre pas en cause, c’est l’état d’esprit qui compte : on peut être riche et savoir partager, élever le plus grand vin du monde et rester modeste, promouvoir sa région avant d’aller chercher ailleurs. Et puis, ce qui compte, c’est de prendre du plaisir.

© Paru dans MILLESIMES 2007 Voir aussi la sélection des meilleurs producteurs de l'année :

http://www.millesimes.fr/

mardi 28 août 2007

Concours gratuit : gagnez des bouteilles !

Gagnez des bouteilles :

http://www.amourduvin.com/f_jeu.html

Bien accorder ses plats et ses vins

http://www.millesimes.fr/images/carte_france.gif

Quand on débouche une bouteille de vin, à n’importe quel prix, on doit surtout -pour en profiter pleinement- adapter les mets qui lui conviennent le plus. Historiquement, le vin a toujours été lié avec la gastronomie des régions. Si l’on fait un vin rouge puissant et épicé en Languedoc ou dans le Rhône, c’est, par exemple, une réponse à la multitude de préparation de gibiers dans ces régions, qui demandent des vins riches et corsés. Autre exemple : le velouté des vins blancs bourguignons et leur persistance d’arômes, qui leut permet de "coller" parfaitement aux viandes blanches à la crème...

Voir aussi :

http://patrick.dussert-gerber.com/laccord-ideal-des-vins-et-des-mets-du-monde

Et aussi :

http://www.millesimes.fr/accords-vins-mets.php

L’Alsace

L’Alsace est l’exemple caractéristique des grandes régions vinicoles et gastronomiques françaises où le mariage des vins et des mets peut surprendre le plus. Bien sûr, on connaît les spécialités du pays, les choucroutes, les fromages, les charcuteries ou le kouglof, et l’intensité aromatique des grands crus, alliant finesse et richesse en bouche. On se doute bien qu’un vin d’Alsace se déguste aussi avec des crustacés ou des fruits de mer mais on oublie parfois l’extraordinaire osmose d’un Muscat avec des asperges, par exemple.

Les vins peuvent se boire pratiquement tout au cours d’un repas. Sur la choucroute (Riesling), avec une sole meunière (l’Alsace est riche également de poissons de rivière), avec des crustacés. Plus original, le fameux “poulet au Riesling”, une blanquette de veau à l’ancienne. La puissance de son bouquet et sa persistance aromatique en bouche place le Gewurztraminer comme un apéritif idéal. Il est superbe (comme le Pinot Gris) avec un pâté en croûte ou une terrine de foies blonds, ainsi que sur la tarte flambée. Les Vendanges Tardives se savourent sur un foie gras d’oie d’Alsace, au naturel ou en brioche, et sur des fromages forts comme le maroilles, le munster ou le roquefort.

Le beaujolais

Il y a deux façons de déguster les crus du Beaujolais : dans leur jeunesse, en profitant de leur couleur et de leur fruité avec des charcuteries, des rillons, des fromages à pâte molle ou une viande rouge grillée (les Beaujolais-Villages, les crus de Brouilly, Côte-de-Brouilly, Chiroubles et Saint-Amour sont parfaits), ou parvenant à maturité, notamment les crus plus charpentés, c’est-à-dire avec un minimum de quatre à cinq années d’évolution, sur une cuisine plus élaborée. - Fleurie, Juliénas. Très parfumés, à dominante de fruits rouges et de sous-bois, à présenter avec une oie farcie, un fromage bleu (Auvergne ou Bresse), ou un gibier (perdrix). - Chénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié. Bouquetés et denses, parfaits sur une terrine de gibier, du jambon fumé ou un foie de veau. Le bordelais - Médoc et Haut-Médoc. Des vins riches et souples à la fois, de belle couleur, parfumés, équilibrés, de bonne garde. Ils se goûtent avec toutes les viandes rouges dont la fameuse entrecôte bordelaise cuite sur les sarments, et plus le millésime est ancien, parvenu à sa maturité, avec des plats complexes, gibiers, civets ou de l’agneau. - Margaux. Prédominance à l’élégance et la structure. Un vin concentré dans sa jeunesse, au nez subtil, qui a besoin de temps pour donner toute sa finesse. En dehors des viandes rouges, le gibier à plume. - Moulis et Listrac. De l’agneau, des viandes rouges, avec une prédominance pour un foie de veau sur un millésime à maturité, ou des ramiers aux cèpes en cocotte qui s’accordent bien avec le “moelleux” du vin. - Saint-Estèphe. Puissant et concentré dans sa jeunesse, un très grand vin typé qu’il faut aussi savoir attendre, intense, à savourer avec une viande en sauce ou une bécasse. - Graves. En blancs, les vins, alliant finesse aromatique et persistance en bouche, s’associent à un veau en sauce ou une alose. Les rouges, bien typés, allient richesse et distinction sur du veau rôti, de l’agneau ou un gigot à la ficelle. - Fronsac et Canon-Fronsac. Des vins corsés et chaleureux, légèrement épicés, qui s’accordent bien avec un curry de mouton ou de l’agneau rôti. - Lalande-de-Pomerol. Couleur, concentration aromatique et onctuosité en bouche en font un vin qui se déguste avec la plupart des viandes, un magret de canard ou de l’agneau en croûte. - Lussac, Montagne et Puisseguin-Saint- Émilion. Bonne matière tannique, rondeur et bouquet. Idéal sur de l’agneau au four, des brochettes de canard ou un curry de mouton qui fait ressortir le caractère épicé du vin. Sur un vieux millésime, des mets plus riches comme un canard farci, un curry et les civets. - Saint-Émilion. Parfumé, corsé, un vin dense et ferme, pour viandes rôties et gibier à plume. - Pomerol. Ces vins riches, puissants en arômes comme en structure, denses et veloutés en bouche “collent” avec la plupart des gibiers et les truffes, dont on retrouve les arômes dans le vin. Essayez les œufs à la broche aux truffes fraîches. - Premières-Côtes-de-Blaye, Côtes-de-Bourg, Premières-Côtes-de-Bordeaux et Côtes-de-Castillon. Colorés, alliant charpente et rondeur en bouche, les Côtes-de-Bourg se marient avec du veau (sans sauce), de l’agneau, des magrets de canard et la plupart des gibiers à plume pour les vins parvenus à maturité. Le caractère légèrement épicé de ces crus les prédispose à un curry de poulet par exemple, des viandes en sauce légère ou des rognons. - Barsac et Sauternes. Pour profiter de leur richesse et de leur typicité, à l’apéritif. Plus conventionnel, sur un foie gras, pour un millésime assez jeune, et sur un dessert pas trop sucré comme une tarte aux framboises. Plus rare, la lamproie, et des ris de veau à la crème. - Loupiac. Plus souple, plus fruité, un vin tout en nuances aromatiques, onctueux, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux de Sauternes. - Entre-Deux-Mers. Francs, légers, fruités, des vins blancs secs surprenants par leur rapport qualité-prix, à découvrir sur les fruits de mer et les crustacés. - Bordeaux Supérieur. Souples et colorés, alliant charpente et bouquet, les vins se goûtent avec toutes les viandes rouges, mais aussi, pour des millésimes plus évolués, sur une escalope de veau ou un navarin de mouton.

La Bourgogne

- Auxey-Duresses. Si le blanc est parfait avec les poissons de rivière ou une volaille, le rouge, riche, bouqueté, tout en bouche, s’accorde bien à la plupart des viandes rouges ou aux gibiers. - Chablis. Ampleur, suavité, vivacité et persistance aromatique pour ces crus de Chablis, à déguster sur